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03/09/2010 : Les conquérants de l'univers 30/08/2010 : Le Volcryn
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Les conquérants de l'univers 
Par Lhisbei le 03/09/2010 à 16:51

les_conqu_rants_de_l_universLes conquérants de l'univers

De Richard Bessière

Fleuve Noir - 190 pages

Pour sa participation au Summer Star Wars, Ferocias joue à archéologue du space-opera. Ses billets donnent vraiment envie de fouiller le grenier, de dénicher les vieilles malles de grand-mère pour plonger dans le space-opera de grand père. J'ai donc exploré les BAL (bibliothèques à lire) de Mr Lhisbei et voici ce que j'ai trouvé : le premier roman de la collection Anticipation du Fleuve Noir, collection dite « Fusées » à cause de la fusée qui orne sa tranche son dos. La fusée de la couverture annonce la couleur : space op' nous voila.

Les conquérants de l'univers, premier volume d'un cycle éponyme en 5 tomes, de Richard Bessière a été publié en 1951. C'est Internet qui nous le dit car le livre ne possède ni dépôt légal ni date d'édition ni ISBN... Richard Bessière est ce qu'on peut appeler un auteur prolifique : il affirme sur son blog (inactif depuis mars 2007) avoir à son actif 285 ouvrages ! A noter aussi : les éditions Éons ont réédité en un seul volume les cinq romans du cycle des Conquérants de l'univers.

Je ne résiste pas à la tentation de reproduire la quatrième de couverture :
A bord de leur appareil interplanétaire, six terriens se trouvent lancés dans l'aventure la plus extraordinaire qu'on puisse rêver. Vous allez faire connaissance avec ces audacieux astronautes qui ne tarderont pas à vous devenir familiers, et vous suivrez leurs aventures avec un intérêt qui ne faiblira jamais. C'est Jules Verne qui a ouvert la voie au roman d'Anticipation. Plus près de nous, H.-G. Wells est allé encore plus loin. Mais le roman de F. Richard-Bessiere que nous vous présentons est bien le plus extraordinaire et le plus captivant qu'on ait écrit jusqu'à ce jour.        

Nous voila embarqué à bord du Météore, premier vaisseau capable d'arracher l'homme à la pesanteur terrestre, parti à la découverte de l'Univers. Le Météore, créé par le professeur Bénac avec l'aide de son filleul Richard, grâce aux fonds du sud-américain Don Alfonso, est un engin digne des romans de Jules Verne : fabriqué dans un alliage de métal nouveau il dispose d'une propulsion révolutionnaire et de quatre niveaux qui assurent confort et sécurité. L'expédition de Bénac devait initialement concerner trois personnes. Le professeur Bénac et Richard devait se faire accompagner par Jeff grand reporter américain chargé de couvrir en exclusivité l'évènement. Mais Ficelle, mécanicien aux doigts magiques, et Don Alfonso se trouvent malencontreusement piégés à bord au moment du décollage. Miss Mabel, jeune étudiante anglaise, a fait valoir des arguments de poids pour intégrer l'équipe : « Mais qui s'occupera du ménage ?  »  et  « Comment voulez-vous être présentables lorsque vous arriverez chez les martiens ? Croyez-vous que ces gens-là auront une bonne impression des terriens lorsqu'ils verront vos pantalons en accordéon et vos cols froissés ? »1. Bénac finit par céder à condition que Miss Mabel « maîtrise ses nerfs »2. Ils seront donc six à s'élancer, à la prodigieuse vitesse de 45 kilomètres par seconde, vers la Lune, première escale de l'expédition, avant de prendre la direction de Mars.

Richard Bessière nous dispense régulièrement des cours d'astronomie (Mabel finira même à lire un livre traitant de cette matière) selon les connaissances de l'époque. Dix ans avant le premier vol spatial habité et la conquête spatiale, la face cachée de la Lune est un terrain de fantasmes. L'auteur résiste à la tentation de le peupler de Sélènites ce qui, en soi, constitue déjà une originalité. Dans les années 50 les canaux de Mars se prêtent à toutes les interprétations possibles et se trouvent plutôt bien exploités dans ce roman. La description de la société martienne fourmille d'idées : la rationalité scientifique gouverne la planète et la critique sociale n'est pas bien loin. Certaines scènes sont vraiment très gaies (comme la compétition sportive sur Mars).   

Richard Bessière, qui avait 18 ans à la parution du premier volet des Conquérants de l'Univers, fait preuve d'érudition (qui, certes, parait bien dépassée de nos jours) et d'une imagination débordante qui compensent une écriture parfois maladroite et au style suranné. Sur 190 pages, le rythme échevelé condense les aventures lunaires et martiennes de notre fine équipe proposant de nombreux rebondissements au risque de survoler ces aventures. Un romancier moderne aurait développé un peu plus chacune des péripéties de nos aventuriers. Je n'envisage pas de lire la suite - archéologue du space opera étant un hobby pour moi - mais si quelqu'un m'offre les livres, je me sacrifierai ...   

1Nous sommes en 1951 n'oublions pas. Remercions les féministes d'être passées par là.

2 Elle prouvera par la suite qu'elle les maîtrise parfaitement : juchée sur un rocher « la courageuse jeune fille » tire sans arrêt sur les créatures préhistoriques qui peuple la face cachée de la lune (même si pour cela elle doit serrer « convulsivement » les lèvres) ; et ne s'évanouit qu'après la bataille et pour une excellente raison : elle est grièvement blessée et perd beaucoup de sang.

Consulter la bibliographie de l'auteur sur le Répertoire de la Science-Fiction.

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Le Volcryn 
Par Lhisbei le 30/08/2010 à 17:48

Martin180Le Volcryn

de George R.R. Martin

Éditions ActuSF - 158 pages

Ma toute première expérience avec George R. R. Martin (n'y voyez rien de sexuel, merci !) n'a pas été très concluante. C'était avec le premier tome du Trône de Fer, son archi-connue saga de fantasy. Je n'ai pas dépassé la page 80 : trop de personnages, pas d'assez d'action, un monde sans originalité... Bref je n'ai pas accroché du tout à la série.
Pour participer au Summer Star Wars de Mr Lhisbei je cherchais un court roman ou une novella de space opera. Je suis peu friande de batailles spatiales et d'empires galactiques et je ne voulais pas m'embarquer dans une saga à rallonge. Le Volcryn répondit parfaitement à mes besoins. Dans la PAL de Mr Lhisbei après notre visite des Imaginales, je l'avais sous la main. Un  Prix Locus reçu en 1981 et des avis positifs sur la toile ont achevé de me convaincre.   

Pour partir à la recherche des Volcryns, cette mystérieuse race d'extra-terrestres qui parcourt l'univers, Karoly d’Branin affrète l’Armageddon, un vaisseau spatial commandé par l'énigmatique Royd Eris. Les quartiers de ce dernier sont isolés de ceux du reste de l'équipe recrutée par d'Branin. Le commandant n'apparait jamais en personne : un hologramme le représente. Très vite, dans cet espace confiné, des tensions apparaissent et l'ambiance se dégrade. Quand l'un des membres de l'expédition décède dans des circonstances bizarres et que l'on s'aperçoit que Royd Eris surveille en permanence l'équipage, la paranoïa s'intensifie. Et les Volcryns sont encore loin...

Autant l'avouer tout de suite, si ce texte avait été plus long j'aurais, encore une fois, abandonné la lecture en cours de route (ouch!). Les premières pages auraient suffi à me faire fuir : l'introduction des personnages, présentés les uns derrière les autres "à la file", et le "planté" du décor m'ont prodigieusement ennuyé. En plus cette présentation ne m'a pas permis de bien différencier les personnages (et je déteste devoir revenir en arrière pour me remémorer qui est "bidule") ni d'ailleurs de m'intéresser à la moitié d'entre eux. Heureusement les personnages les plus importants prennent, peu à peu, plus de relief (et de vie). Les autres (qui ne marquent pas par leur originalité) n'ont qu'une utilité, utilité que je ne dévoilerai pas ici sous peine de vous gâcher le plaisir de la lecture. Car, oui, du plaisir de lecture on en trouve - et pas qu'un peu - dans Le Volcryn. Passés les premières - et laborieuses - pages, George R. R. Martin installe un climat, une atmosphère, propre à piéger le lecteur. Au fil des pages il crée le malaise, instille la peur, exacerbe la paranoïa tout en jouant sur deux intrigues, le mystère des Volcryns et celui du commandant Eris, intrigues qu'il parvient à résoudre habilement au même moment. L'intensité du suspens happe le lecteur et les pages se tournent toutes seules jusqu'à l'apothéose finale. Le Volcryn nous offre un huis clos angoissant à souhait dont il serait dommage de se priver.

Si ce livre avait été plus long...  je serai passée à coté d'un très bon bouquin. Je devrais peut être retenter Le trône de fer  tiens...

Lire aussi les avis de SFU,  Noosfere, Critic, Efelle, El Jc, Gromovar.

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