planete SF
Planet regroupant les sites Francophones sur la Science Fiction et la fantasy
  • Accueil
  • Archives
  • Statistiques
  • Inscription
  • Forum
  • Contact
Bienvenue à tous les passionnés de : SF Fantasy Fantastique Livres BD Cinèma

S'abonner

  • feed Fil de tous les articles

Les Membres

  • feed  Anudar
  • feed  Arutha
  • feed  BiblioMan(u)
  • feed  Craklou
  • feed  Efelle
  • feed  Génération sf
  • feed  Gromovar
  • feed  Les singes de l'espace
  • feed  Lhisbei
  • feed  Papa Fredo
  • feed  Quadrant Alpha
  • feed  Russkaya Fantastika
  • feed  Tigger Lilly
  • feed  Traqueur Stellaire
  • feed  Valunivers
Filtrer les articles :     Articles du jour   -   Articles de la semaine   -   Articles du mois   -   Tous les articles

Accès rapide aux derniers articles de la page


12/08/2010 : Science Fiction et politique sécuritaire 10/08/2010 : La SF soviétique dans le magazine Chronic'Art - suite 09/08/2010 : L'Univers du Midi - 2 - Tentative de fuite 06/08/2010 : L'Univers du Midi - 1 - Les Revenants des étoiles 01/08/2010 : Mikhaïl Ouspenski - La Machine du Paradis 30/07/2010 : Un article sur la SF russe dans Courrier International 21/07/2010 : Un dossier sur la SF russe dans Galaxies (fin 2010) 18/07/2010 : Le cinéma des frères Strougatski - par Jeam Tag 13/07/2010 : Dimension Russie - les critiques 10/07/2010 : Eugène Veltitsov - Le Garçon dans la valise
« Page précédentePage suivante »
Science Fiction et politique sécuritaire 
Par Russkaya Fantastika le 12/08/2010 à 14:50

Il n'y a pas qu'en France qu'une politique sécuritaire outrancière inquiète. La Russie a été secouée récemment par un vigoureux débat au sujet d'un projet de loi visant à élargir les pouvoirs du FSB, et notamment à lui permettre de convoquer des gens « susceptibles de commettre des crimes ou susceptibles d'extrémisme », et de leur infliger une amende. La loi, après passage à la Douma, a été légèrement édulcorée.

La version russe du magazine Forbes a, en bonne logique, demandé le 9 août dernier à des auteurs de Science Fiction ce qu'ils pensent de cette loi. Et les avis sont divers. Les uns sont clairement contre. Ainsi, Boris Strougatski se demande quelle peut bien être l'utilité de cette loi, rappelant que le KGB disposait déjà de telles facilités à convoquer les gens, depuis Andropov, pour ce qu'on appelait alors « une conversation prophylactique », concernant des dissidents et sans aucune base juridique. Le problème est que l'« extrêmisme » qui est visé est tout simplement « les interventions critiques contre les autorités; toutes opinions ou jugements ne coïncidant pas avec les jugements officiels; tout doute sur la justesse de l'état des choses existantes ».

 

TASS_1101591_copy.jpg

Clliché: Itar-TASS

En cela, pour Boris Strougatski, cette loi rappelle bien le monde soviétique, et ce qu'il avait d'anti-démocratique.

Même constat chez Maria Galina, qui rappelle, après avoir cité Evguéni Zamiatine et Philip K. Dick, que « la formulation vague 'les actions réunissant les conditions pour l'accomplissement des crimes' admet des interprétations trop libres et ouvre la possibilité à des abus ».

 

RIA-494014-Preview_copy.jpg

Cliché RIA-Novosti

Mikhaïl Ouspenski fait lui aussi le rapport avec Dick, et notamment le film Minority Report, de même qu'il se souvient de la prophylaxie soviétique, souvent accompagnée de tentative de recrutement du « coupable ». Cette loi est donc pour lui quelque chose qui déshonorera la Russie à la face du monde. « Pour que cette loi soit observée, il faudra ou corrompre les gens, ou obtenir leur dépendance matérielle - chasser les citoyens de leur travail, fermer leurs comptes bancaires. Ce qui était une tragédie se répétera maintenant comme une farce - suivant la doctrine de Karl Marx. Il ne résultera rien de cette loi, si ce n'est des scandales inutiles ».

D'autres se posent la question de l'utilité finale de la loi. Pour Vassili Zvyagintsev, cette loi est simplement inutile et a fait perdre du temps à tous, puisqu'il s'agit, pour lui aussi, de la même chose que la prophylaxie soviétique, que n'importe quel policier de quartier pouvait faire. Elle sert donc juste à souligner le degré de bêtise des législateurs.

Pour Andreï Lazartchouk, rejoignant l'avis de Vassili Zvyagintsev, la montagne a accouché d'une souris: le FSB réclamerait juste les mêmes droits que la police. Il note qu'avec un peu chance, cela aura peut-être un effet positif dans certains domaines, mais sans y croire.

Et finalement certains sont ouvertement pour, comme Sergueï Loukianenko, pour qui il n'y a pas de quoi s'affoler, et comparer cette loi à Minority Report est abusif. Pour lui, il ne s'agit pas de condamner de futurs criminels, mais de prévenir, en avertissant, de futurs crimes. Il s'agit donc pour lui d'une importante conquête démocratique.

Des propos que raille Dmitri Gloukhovski, qu'on a connu plus proche du pouvoir. Il ironise clairement: « Il y a là prétexte d'être fier du FSB, car c'est désormais la première police du futur au monde. […] Nous entrons dans une nouvelle vie heureuse. Nous vivrons en paix sans prisons et ni colonies pénitentiaires, dans un monde sans violences et sans larmes. Dans un monde, où il n'y aura plus de crimes car ils auront été coupés à la racine. […] A l'unisson avec le FSB et la Douma, je rêve seulement que le Service fédéral de sécurité apprenne à lire dans les pensées le plus vite possible. Alors eux - c'est-à-dire nous - nous sentirons enfin en parfaite sécurité ».

 

TASS_752781_copy.jpg

Cliché: Itar-TASS

Retour au sommaire
La SF soviétique dans le magazine Chronic'Art - suite 
Par Russkaya Fantastika le 10/08/2010 à 10:19

L'article de Martin-Pierre Baudry sur les frères Strougatski et la Science Fiction soviétique, publié dans le numéro d'été de Chronic'Art, est maintenant en ligne.

C'est ici.

 

Retour au sommaire
L'Univers du Midi - 2 - Tentative de fuite 
Par Russkaya Fantastika le 09/08/2010 à 20:49

L'Univers du Midi, tel que présenté dans Midi, 22e siècle, ne pouvait donc rester sans développements, et dès 1962 paraît une novella, ou court roman, dans l'anthologie annuelle Fantastika: Tentative de fuite (Попытка к бегству).


9591

Deux habitants de cette terre idyllique du futur, Anton et Vadim, font la rencontre impromptue d'un obscur inconnu, Saül, juste au moment où ils se décidaient à partir en vacances. Et ces vacances devaient être particulière: choisir une planète au hasard, et jouer les explorateurs, rien de moins! Mais nos deux amis sont comme tous les habitants contemporains du Midi: sûrs d'eux, de leurs connaissances, de leur supériorité. En route donc vers EN 7031, un monde qui n'a pas encore été visité, mais par le célèbre Gorbovski.

Evidemment, ils vont tomber sur une civilisation, de type médiéval, et même l'une des pires qui soient à leurs yeux: une civilisation de type fasciste. Les inégalités sociales y sont poussées à l'extrême et les opposants politiques rejetés dans un bagne dont ils n'ont que peu de chances de revenir. En effet, le bagne a pour unique objectif d'arrêter d'étranges machines qui semblent surgir du néant avant de disparaître après avoir parcouru quelques kilomètres. Des machines incompréhensibles, et donc dangereuses, drôles de vestiges laissés là par les mystérieux « Pèlerins », une civilisation énigmatique qui a laissé des traces dans tout l'univers exploré (y compris dans le système solaire, comme on pouvait l'apprendre dans Midi, 22e siècle). Et les bagnards y vont avec les seuls moyens dont ils disposent: leurs mains, espérant ainsi reconquérir leur liberté.

Face à ces atrocités, nos trois apprentis explorateurs vont tenter une expérience: enlever un des officiers et essayer de le convaincre que son monde n'est pas bon... Et évidemment, tout ne se passera pas comme ils le souhaiteront.

Tentative de fuite n'est pas une réussite, disons-le clairement. Les personnages y restent encore particulièrement caricaturaux, dotés d'une psychologie primaire. Mais peut-être était-ce là ce que voulaient les deux frères: montrer des individus venus d'un univers paradisiaque sans problème se frotter à une réalité autrement plus dure, et montrer donc leur désarrois, leur inaptitude totale à autre chose que des cas d'école. Il n'en reste pas moins qu'ils sont particulièrement agaçants. Cependant, cet aspect est contrebalancé par le fait que Tentative de fuite est un véritable laboratoire d'idées: la société médiévale tyrannique se retrouvera dans Il est difficile d'être un dieu, les bagnards devant capturer d'étranges et mortelles machines, dans L'Île habitée, l'extraterrestre enlevé par de secourables humaines dans Un  Gars de l'enfer, et l'idée des Pèlerins dans quasiment tous les romans touchant à l'Univers du Midi. De plus, on sent le style des deux frères s'affermir, et ils nous offrent au passage quels bons moments, ainsi la description des effets secondaires d'un vaisseau semi-organique, tirant son énergie de son environnement, sur le dit environnement au moment où il se pose.

On obtient au final l'équivalent d'un bon Fleuve Noir Anticipation de l'époque, ce qui n'est pas en soit un défaut, mais montre qu'on est encore loin des classiques à venir. Mais contrairement à Midi, 22e siècle, il ne suscite plus l'ennui.


Tentative de fuite n'est jamais paru en volume en France, mais à fait l'objet d'une traduction par André Cabaret dans Antarès n° 28 et 29 (1987-1988), Antarès, une revue dont on ne dira jamais assez de bien de sa hardiesse éditoriale.

Retour au sommaire
L'Univers du Midi - 1 - Les Revenants des étoiles 
Par Russkaya Fantastika le 06/08/2010 à 21:39

Les frères Strougatski ont très régulièrement placé, à partir de 1960 et tout au long de leur carrière, leurs oeuvres – romans et nouvelles – dans un cadre cohérent qu'ils ont appelé l'Univers du Midi, le Midi en question étant celui de l'Humanité, arrivée à son apogée durant le XXIIe siècle. Nous voudrions dans les notes à venir, vous proposer une description de cet univers censé être idéal et qui se révèlera être d'une profondeur assez enthousiasmante.

En tout, ce cycle contient (nous employons les titres français):

Les Revenants des étoiles;

Tentative de fuite;

Il est difficile d'être un dieu;

L'Île habitée et ses deux suites: Le Scarabée dans la fourmilière et Les Vagues éteignent le vent;

Un Gars de l'enfer;

L'Arc-en-ciel lointain;

et la toute première version de L'Escargot sur la pente, qui s'intitulait L'Inquiétude.

Commençons donc par Les Revenants des étoiles.


Le Retour. Midi, XXIIe siècle (Возвращение. Полдень, XXII век), devenu en français Les Revenants des étoiles (Hachette, Rayon Fantastique n°120, 1963), est à la base un recueil de nouvelles, rendues cohérentes par un prétexte assez artificiel: un vaisseau spatial qu'on croyait perdu depuis 150 ans, réapparait subitement sur Terre, avec à son bord deux survivants. Les Strougatski vont alors se livrer à une forme moderne des Lettres persanes, les deux survivants se faisant les observateurs d'un univers qui leur est totalement étranger, une utopie réalisée, le Midi de l'Humanité. Le principe de base en est assez simple: les robots effectuant toutes les tâches ingrates, l'Humanité s'en trouve libérée. Libre à chacun de travailler à ce qu'il souhaite, comme il le souhaite, de faire des études dans tous les domaines et d'acquérir ainsi plusieurs spécialisations. On trouve par exemple des biologistes psychologues.

 

909

Pourtant, on sent bien déjà que cette merveilleuse utopie socialiste est quelque chose qui ennuie profondément les deux frères (et du coup parfois aussi le lecteur...). L'univers du Midi (« l’Univers-dans-lequel-nous-voudrions-vivre » nous disait Boris Strougatski), sonne creux.

Les deux frères insèrent donc dans leur propos de l'humour, souvent inspiré par celui de Robert Sheckley, un de leurs modèles, et donc régulièrement absurde. Mais là où cette vacuité devient clairement sensible, c'est avec le personnage du capitaine Gorbovski, qui réapparaîtra dans plusieurs autres romans. Celui-ci, pilote astronaute chevronné, qui a participé à la colonisation de Vénus, en vient à se plaindre de n'être plus qu'un conducteur d'autobus, ne faisant plus que des navettes de transport régulières.

En cela, les Strougatski annoncent leur programme à venir: pour que cet univers « idéal » soit intéressant, il lui faudra se frotter à des mondes qui n'en font pas encore partie.

Sur ce bon principe on regrettera tout de même l'hétérogénéité des différents chapitres, certains étant quasiment sans aucun intérêt, ou bien basé sur un gag très « tarte à la crème » (comme « La nappe magique » - devenue dans l'édition française « La cuisinière automatique », où l'on confond une cuisinière avec une machine à laver...). Au final, le recueil a plus un intérêt historique qu'autre chose, permettant d'expliquer bien des éléments que l'on pourra retrouver dans les oeuvres ultérieures des deux frères.

Notons pour finir que quelques allusions discrètes, comme la citation du capitaine Bykov, permettent aussi de faire le lien avec le cycle des aventures d'Ivan Jiline, qui on prit place avant l'avènement de l'Univers du Midi. Cela montre bien que dès le début des années 1960, les frères Strougatski avait déjà une vision cohérente du futur qu'ils voulaient offrir à leurs lecteurs.

 

 

Strougatski2.jpg

Quelques mots sur la traduction...

Si l'on peut parler de traduction. Nous n'en avons pas la certitude, mais il est assez probable que la version du Rayon Fantastique par Pierre Mazel soit traduite de l'allemand. Tous les noms propres russes sont translittérés à l'allemande: Strugatzki au lieu de Strougatski, Wladislawa au lieu de Vladislava, Michaïlov au lieu de Mikhaïlov, etc. Les prénoms sont tous francisés (mais, ça se faisait encore dans les années 1960), et surtout on trouve un assez grand nombre de passages rendus incompréhensibles, quand il ne s'agit pas tout simplement de fausse traduction: ainsi, p. 149, le traducteur nous laisse un terme en italiques, inrinka, et l'explique en note par « Très chère en russe ». Or rien en russe ne ressemble à cela, et surtout ce mystérieux terme est tout simplement une coquille pour Irinka, diminutif d'Irina, personnage dont il est question à la ligne d'au-dessus. Bref, un travail ni fait, ni à faire. Qui plus est, la plupart des titres des chapitres / nouvelles est modifié.

Pour comparer, on se reportera à la traduction par André Cabaret de « Sciences naturelles dans le monde des esprits » (Antarès n°22, p. 84-97), devenue « Télépathie et cosmos » dans l'édition « Rayon Fantastique » ou à celle par Francis Cohen du « Grand C.I.D. » (Les Meilleurs histoires de science-fiction soviétique, 1972, Verviers, Marabout), devenu ici « L'explication d'un mystère ». Le lecteur, même sans être attentif, n'aura aucun mal à reconnaître qu'il y a un problème.

Ce recueil aura donc mal été servi en France, d'autant plus qu'il est doté d'une des pires couvertures de Forrest, qu'on a connu mieux inspiré.

 

Retour au sommaire
Mikhaïl Ouspenski - La Machine du Paradis 
Par Russkaya Fantastika le 01/08/2010 à 17:04

Etant donné qu'il commence à avoir une belle notoriété, en accumulant divers prix, il nous fallait bien parler plus longuement de La Machine du Paradis (plutôt que La Voiture du Paradis, comme nous l'avons écrit précédemment), dernier roman de Mikhaïl Ouspenski, paru en 2009 chez Proekt Fiction.

 

34778

Dans la Russie contemporaine, les hasards du destin ont fait que Roman Merline a vécu plusieurs années dans la taïga. Il décide un jour de quitter son asile et de revenir dans sa ville natale, Kraïsk. Et cette ville a bien changé: elle est occupée par des Africains, son territoire est patrouillé par des forces internationales de l'ONU comprenant des soldats Sikhs. Et de fait, le mode de vie à évidemment changé aussi. On voit partout d'étranges slogans dont le sens est difficile à saisir. Tout le monde parle d'un Khimeï, sorte de paradis se trouvant quelque part dans l'univers, et qui est rendu accessible à l'aide d'un étrange vaisseau spatial. Tous désirent s'y rendre, mais pour l'instant, seuls les enfants, les vieillards et les malades en ont le droit.

Et durant tout le roman, Merline va tâcher de comprendre ce qui se passe: il se retrouve dans des situations parfois comiques, parfois étranges, parfois terribles. Et ses diverses rencontres seront l'occasion de se souvenir de pourquoi il s'est exilé dans la taïga: un affaire financière.

Et il note au passage que les gens visent maintenant d'autres idéaux, qu'il y a eu un renversement total des valeurs, un vrai pandémonium! Il devient peu à peu clair que notre monde, et la Russie actuelle, ont été réduits à l'absurde. Les pouvoirs jettent de la poudre aux yeux des habitants, qui croient en tout ce qu'on leur dit. Toute pensée critique est abolie, et la médiocrité et la méchanceté deviennent les maîtres-étalons. « Là où triomphe la méchanceté », disaient les frères Strougatski dans Il est difficile d'être un dieu, « les 'noirs' arrivent au pouvoir ». Le roman d'Ouspenki en est la parfaite illustration.

En cela, l'auteur a dressé un portrait bien misérable de l'avenir proche, faisant de son oeuvre, plutôt qu'un roman de Science Fiction, un roman métaphorique, une dystopie lui permettant de décrire de façon grotesque la Russie réelle. A l'aide d'une intrigue rondement menée, sans temps mort, le lecteur ne peut pas s'ennuyer sur ce texte intelligent, souvent humoristique (une caractéristique de l'auteur), mais d'un humour triste, pathétique. Il faut cependant noter qu'il nécessaire de très bien connaître la réalité de la Russie contemporaine pour apprécier toutes les subtilités de ce roman.


NB: Le nom de « Merline » n'est bien évidemment pas choisi par hasard. Qu'on se souvienne de Merlin le devin, le prophète, qui, devenu fou, s'était réfugié au fin fond d'une forêt...

Retour au sommaire
Un article sur la SF russe dans Courrier International 
Par Russkaya Fantastika le 30/07/2010 à 16:10

Le magazine Courrier International vient de publier en supplément à son n°1030 (semaine du 28 juillet 2010) un cahier entièrement consacré à la Science Fiction. On y trouve des articles essentiellement de prospective, mais aussi, et c'est à noter, quelques essais et une poignée de nouvelles de divers auteurs (américains, argentin, roumain, etc.) On y remarque aussi un article d'un auteur russe, Elena Kondratieva, intitulé: « La SF russe veut conquérir le monde ».

Couv-Sup-1030-1031-1032.jpg

Cet article est consacré à un projet ambitieux lancé par la maison d'édition Populyarnaya Literatura: Ethnogenèse.

Ethnogenèse se veut d'emblée le digne successeur des aventures d'Alice, le personnage phare de Kir Boulytchev: il est en effet centrée autour d'une adolescente, Maroussia, laquelle se retrouve par hasard au sein d'une équipe de « super-héros ». Le projet est donc multimédia: il est basé sur des livres (dont plusieurs volumes sont déjà parus depuis début 2010), mais ceux-ci ont leur déclinaison en livres audio, sont en libre téléchargement sur le site du projet en multiples formats (pour ordinateur, pour téléphone portable, etc.). On y trouve aussi une webradio. On prévoit enfin un jeu, un film. Bref, multimédia n'est pas un vain mot.

Parlons maintenant un peu du fond. Nous n'avons lu aucun de ces livres, mais il est une chose qu'il est aisé à relever: l'accueil du public a été pour le moins glacial. Beaucoup ont signalé des personnages d'une fadeur extrême, une absence totale de style. Le terme de makulatura (« littérature jetable ») est très régulièrement employé... Bref, ne se frotte pas au mythe « Alice » qui veut, et tout auteur pour la jeunesse n'est pas Kir Boulytchev.

Pourtant, l'article de Elena Kondratieva, initialement paru dans le journal Vzgliad, est particulièrement élogieux: « Dès les premiers paragraphes, Maroussia [du nom de l'héroïne du cycle] retourne l'esprit et saisit le lecteur... ». Et elle rappelle certains propos tenus par les responsables du projet: « Nous espérons que peu à peu, des écrivains de renom viendront nous rejoindre, ainsi que des artistes graphiques, des musiciens, des concepteurs de sites. »

Il y a une raison fort simple à cela. Elena Kondratieva est elle-même l'auteur d'un des volumes, et comme cela n'est pas mentionné dans l'article traduit, il faut donc savoir que le lecteur français se retrouve en fait face à une publicité déguisée!

 

1001455386.jpg

« Nous voulons lancer la mode de la culture russe, et Internet nous permet de diffuser notre idée dans le monde entier », rappelle Arseni Mariengof, l'un des responsables du projet... Des propos bien ambitieux, mais avec Ethnogenèse, ça n'est pas gagné!

Retour au sommaire
Un dossier sur la SF russe dans Galaxies (fin 2010) 
Par Russkaya Fantastika le 21/07/2010 à 09:51

C'est officiel, et c'est prévu pour le n°11 de Galaxies (fin 2010): un dossier complet consacré à la Science Fiction russophone.

Et voici tout d'abord la couverture. L'illustration est de Vladimir Bondar, qui est aussi l'auteur de la couverture de Dimension Russie.

 

Galaxies.jpg

Elle n'est bien évidemment pas tout à fait finalisée, le sommaire n'étant pas encore complet. En revanche, celui du dossier l'est, et le voici. On trouvera donc d'abord La Sorcière, scénario initial du Sacrifice de Tarkovski, écrit par Arkadi Strougatski.

Ensuite trois nouvelles, très courtes:

Henry Lion Oldie, Nevermore, un texte poétique dans lequel le duo de Kharkov joue une fois encore à mélanger les genres, à rendre floue la frontière entre Science Fiction et Fantasy;

Iouli Bourkine, Maître du Monde;

Vladimir Pokrovski, 3D. Gastarbeiters virtuels.

Ces trois textes ont tous un parfum de fin du monde, bien que ce passant dans des contextes totalement différents: futur proche pour Pokrovski, futur très lointain pour Bourkine.

L'ensemble se complètera d'une copieuse interview de Vladimir Pokrovski, au cour de laquelle il nous livre à la fois son histoire propre, et mais sa vision personnelle sur celle du genre en Russie, de 1979 à nos jours.

Et enfin un gros article, L'imaginaire russe en quête de futur. Etat des lieux, dans lequel un très grand nombre de personnalités liées au milieu de la SF russophone s'expriment sur ce genre, ses spécificités et son avenir.

Rendez-vous fin 2010, donc, pour la parution!

 

Retour au sommaire
Le cinéma des frères Strougatski - par Jeam Tag 
Par Russkaya Fantastika le 18/07/2010 à 11:28

Aujourd'hui, nous laisserons la parole à un invité, et non des moindres, puisqu'il s'agit de Jeam Tag, illustrateur et cinéphile, qui travaille depuis des années à la constitution d'une base de données sur les adaptations au cinéma d'oeuvres littéraires liées à l'Imaginaire. Il a bien voulu nous confier son travail sur les frères Strougatski, et nous l'en remercions beaucoup. Car il faut bien le dire, ces derniers sont au cinéma soviétique et russe ce qu'est Philip K. Dick à Hollywood : une source inépuisable de scénarios. A la différence près qu'ils en ont eux-mêmes écrits.

 

Le cinéma des frères Strougatski


Adaptations de romans pré-existants :

 

L'Auberge de l'alpiniste mort (Otel "U pogibchego alpinista" / Отель «Ð£ погибшего альпиниста»; titre complet Дело об убийстве, или отель „У погибшего альпиниста“ Юность #9 à #11 1970; en volume ?, ? 1982 -traduit par Antoine Volodine, coll. PdF, Denoël 1988).

Les frères envisageaient d'écrire un polar, genre dont ils étaient aussi friands. Le déclic se produisit avec le célèbre titre du romancier et dramaturge suisse alémanique Friedrich Dürrenmatt La promesse – requiem pour le roman policier (Das Versprechen - Requiem auf den Kriminal, roman Verlag Arche, Zürich 1958 -traduit par Armel Guerne, Albin Michel 1959; plusieurs fois adapté à l'écran) dont l'intrigue toute en psychologie, et surtout le retournement de situation final semblaient faire écho à leur envie. Ils s'attelèrent donc à cet ouvrage surprenant :

« Nous avions construit notre projet comme un roman expérimental : selon notre plan, le lecteur devait appréhender l'histoire comme une classique affaire de "meurtre en chambre close", puis en lieu et place de l'explication traditionnelle, une pirouette finale devait lui faire envisager une toute autre vision des événements, où commencerait un récit entiérement différent." » (Boris Strougatski, cité dans le Wikipedia russe)

Boris émet toutefois quelques regrets : « L'idée n'était pas mauvaise, mais le résultat n'est pas satisfaisant; Même si de grands auteurs s'y sont déjà essayés, il n'est pas aisé de bouleverser les codes du genre. »

- L'auberge des alpinistes de l'au-delà ou L'auberge des visiteurs de l'au-delà ('Hukkunud Alpinisti' hotell ou Dead Mountaineers Hotel) Grigori Kromanov, URSS 1979 (80mn -adapté par les auteurs). Prix Astéroïde d'argent au Festival International du Film Fantastique, Trieste 1979.

À noter que le film a été tourné en Estonien, puis doublé en Russe au montage.

 

614_2.jpg

Scénario publié :

Дело об убийстве (Отель « Ñƒ погибшего альпиниста ») [Une Affaire de meurtre (L'Auberge de l'alpiniste mort)] in recueil Пять ложек эликсира [Cinq cuillères d'élixir] Nauka, Moscou 1990.

 

Stalker - pique-nique au bord du chemin / Stalker (Piknik na obotchine / Пикник на обочине Аврора #7 à #10 Léningrad 1972; en volume in anthologie Библиотека современной фантастики [Bibliothèque de fiction contemporaine] #25, ? 1973; révisé, augmenté in anthologie Библиотека советской фантастики Библиотека советской фантастики [Bibliothèque de Fiction Soviétique] 1980 –traduit par Svetlana Delmotte, coll. PdF, Denoël 1981; Édition définitive établie par Viktoriya Lajoye, coll. Lunes d'Encre, Denoël 2010). Deuxième des trois Prix John Campbell Memorial des meilleurs romans de l'année 1978; Prix du Meilleur roman Étranger au Festival de Science-fiction de Metz 1981.

- Stalker (Сталкер) Andreï (Arsenevitch) Tarkovski, RFA/URSS 1979 (163mn -adapté par les auteurs & le réalisateur -non crédité – cf. interview de Boris Strougatski in Lunatique 81 ). Prix du public - Mention spéciale (Prémio Júri do Público - Menção Especial) au Festival International du Film de Porto (Fantasporto) 1983.

 

105_3.jpg

Boris Strougatski rapporte que le réalisateur était surtout passionné par la vision même de la « zone » dans laquelle les Stalkers vont quérir à leur risques et périls des artefacts abandonnés par les étrangers, et souhaitait donner au protagoniste principal une dimension plus mystique, tournant l'ensemble du film avant même que les frères soient venus à bout d'au moins huit versions du scénario (cf. interview de Boris Strougatski in Libération, n°9037, 3 juin 2010). Il se trouve que la pellicule fut détériorée au développement et il fallut tout reprendre, avec pour résultat ce superbe film à la lenteur désabusée, qui reflète assez bien l'esprit de ce "Road-movie introspectif".

Certaines versions du scénario ont toutefois été publiées :

La machine des désirs (Машина желаний in anthologie Сборник научной фантастики #25 [Collection de Science-fiction #25] pp. 7-39, Znanie, Moscou 1981 -traduit par Alain Cappon, Proxima #3 1983; autre traduction Ilya Ishkhakov, Lettres Soviétiques #302 1984).

Stalker (Сталкер - Пикник на обочине in recueil Пять ложек эликсира [Cinq cuillères d'élixir] Nauka, Moscou 1990 -traduit par ? Avant-scène cinéma #427 décembre 1993 [En couverture, photo du film]; autre traduction Luc Aubry et al. In recueil Andreï Tarkovski : Oeuvres cinématographiques complètes Tome II Exils Littérature 2001).

Un projet de remake (Il fut même question de John Travolta comme vedette...) traîne parmi les rumeurs récurrentes.

 

Le lundi commence le samedi (Abr. (1e partie) Суета вокруг дивана: Сказка для научных работников младшего возраста in anthologie Фантастика 1964 pp. 11-79 Jeune Garde, Moscou 1964; En volume Ponedel'nik nachinactsia v subhotu / Понедельник начинается в субботу Детская литература [Littérature Jeunesse], Moscou 1965 [illustré par E. Migounov] –traduit par Bernadette du Crest, coll. PdF, Denoël 1974).

- Magiciens (Чародеи) Konstantin Bromberg, URSS 1982 (Tv, Musical 160mn -adapté par les auteurs).

Bien que reprenant les personnages de l'intrigue, le scénario constitue une histoire indépendante. Les frères avaient écrit une première mouture basée sur la seconde partie du roman original, que Bromberg rejeta (d'autant qu'elle n'aurait pas passé la Censure), en sorte qu'ils composèrent une version entièrement nouvelle.

Une version du script a paru :

Понедельник начинается в субботу / Чародеи (Уральский следопыт #5 pp. 31-49 1989; en volume in recueil Собрание сочинений [Oeuvres complètes] #11, Tekts / Текст, Moscou 1993).


Un milliard d'années avant la fin du monde (Milliard let do kontsa sveta / За миллиард лет до конца света: Рукопись, обнаруженная при странных обстоятельствах Znanie-sila / Знание-сила [La Connaissance, c'est la Force] #9 à #12 1976, #1 1977; en volume ?, 1984 –traduit par Svetlana Delmotte, coll. Best Sellers, Fleuve Noir 1983).

- Les Jours de l'éclipse (Дни затмения) Alexandre Sokourov, URSS 1988 (133mn -adapté par les auteurs avec Piotr Kadotchnikov, script final Youri Arabov).

 

4.jpg

Le scénario fut édité [(s) A. & B. Strougatski & Piotr Kadotchnikov] :

День затмения: Киносценарий [Le jour de l'éclipse : scénario] (Znanie-sila #5 pp. 86-94, #6 pp. 84-91, #7 pp. 89-94 & #8 pp. 85-89 1987; en volume in recueil Собрание сочинений #11, Op. Cit.).

 

- Prin to telos tou kosmou / Πριν το τέλος του κÏŒσμου [Before the End of the World -Titre international] Panagiotis Maroulis (adaptation), Grèce 1996 (95 ou 126mn selon les sources?). Prix du Meilleur Film, de la Meilleure Musique & du Meilleur Décorateur au Festival de Thessalonique 1966.

 

afs_1.jpg

 

Пять ложек эликсира [Cinq cuillères d'élixir] (Scénario original, Изобретатель и рационализатор #7 pp. 34-39 & #8 pp. 38-39 1985; en volume in recueil Собрание сочинений #11, Op. Cit. -traduit par ?, Lettres Soviétiques #336 pp. 5-44 1986).

- Tentation B. (Искушение Б) Arkadi Sirenko, URSS 1990 (84mn -adapté par les auteurs).

Script (en russe) disponible sur le site officiel ABS.


iskushenie.b.avi.image1.jpg

 

Il est difficile d'être un dieu (Trudno byt bogom / Трудно быть богом in recueil Далёкая Радуга [L'arc-en-ciel lointain] Jeune Garde, Moscou 1964 –traduit par Bernadette du Crest, coll. PdF, Denoël 1972; traduction révisée Viktoriya Lajoye, coll. Lunes d'Encre, Denoël 2009).

- Un dieu rebelle (Es ist nicht leicht ein Gott zu sein ou Trudno byt bogom / ou Hard to Be a God) Peter Fleischmann (adaptation, avec Jean-Claude Carrière), RFA/France/URSS 1988 (119mn).

Sorti confidentiellement, ce film sur lequel à travaillé Jean-Claude Mézières serait une série B assez frustre.

 

Sinon, il est question d'une autre adaptation dont on parle depuis des lustres :

- История арканарской резниou [Histoire du massacre d'Arkanar] Alexeï Guerman (adaptation, avec Svetlana Karmalita), Russie 2010...

En effet, le réalisateur, pressenti par les frères eux-mêmes, y travaille depuis les années 80s.

 

Les mutants du brouillard (Gadkie Lebedi / Гадкие лебеди ou Время дождя; Прекрасный утенок [Écrit en 1966-1967] Tout d'abord interdit; publié en Allemagne (en Russe) 1972; en URSS, abr. Время дождя Изобретатель и рационализатор [L'inventeur] 1986; augmenté Даугава #1 à #7, Riga 1987; en volume in anthologie Сборник научной фантастики [Collection de Science-fiction] #34, Zaretsky Marina, Ludmila Chutkova [Orth…?] éd., Знание 1990 –traduit par Paul Chwat, coll. Super-fiction, Albin Michel 1975).

- Les vilains petits canards (Гадкие лебеди) Konstantin Lopouchanski (adaptation, avec Vyatcheslav Rybakov), Russie/France 2006 (105mn).

 

470_5.jpg

 

Un projet de scénario par les auteurs avait déjà été publié auparavant :

Туча [Le nuage] Химия и жизнь #8 pp. 84-93 & #9 pp. 116-124 1987; en volume in anthologie Поселок на краю Галактики Holguín Olgert éd., coll. Библиотека журнала "Химия и жизнь", Наука 1989).

 

L'Île habitée (Обитаемый остров: Фантаст.-приключенческая повесть Нева #3-#5 1969; en volume coll. Библиотека приключений и научной фантастики [Bibliothèque d'Aventure et de Science-fiction] Детская литература [Littérature Jeunesse], Moscou 1971 –traduit par Jacqueline Lahana, coll. Outrepart, L'âge d'Homme, Lausanne 1980; traduction révisée Viktoriya Lajoye, coll. Lunes d'Encre, Denoël 2010).

Adaptation à gros budget en deux parties :

- Обитаемый остров ou The Inhabited Island (Titre international) Fedor Bondartchouk, Russie 2008 [Premières en circuit limité] (116mn -adaptation Sergueï Diatchenko, Marina Diatchenko & Edouard Volodarski).

- Обитаемый остров: Схватка (The Inhabited Island 2: The Battle) Fedor Bondartchouk, Russie 2009 (105mn -adaptation Sergueï Diatchenko, Marina Diatchenko & Edouard Volodarski).

Aux dires de Boris Strougatski, il s'agirait là d'une transposition à l'écran particulièrement réussie.

 

Le deuxième titre de la trilogie des Pélérins avait antérieurement fait l'objet d'un script, non tourné :

Жук в муравейнике: Сценарий трехсерийного фильма [Le Scarabée dans la fourmilière, scénario en 3 parties] (Химия и жизнь #4 pp. 200-247 1989). D'après :

Le scarabée dans la fourmillière (Жук в муравейнике: Повесть Znanie-sila #9-11 1979, #1-6 1980; en volume in anthologie Белый камень Эрдени Evguéni Brandis éd. Лениздат 1982 -traduit par Svetlana Delmotte coll. Best Sellers, Fleuve Noir 1989).

 

Scenarii originaux :

 

Hors adaptations de leur propres titres, Boris Strougatski seul (qui n'a ensuite pas souhaité renouveler l'expérience) a participé à l'écriture de :

- Lettres d'un homme mort (Письма мёртвого человека) avec Vyatcheslav Rybakov & le réalisateur, Konstantin Lopouchanski, URSS 1986 (88mn).

 

33357743_Buykov.jpg

Publié [(s) Boris Strougatski, Konstantin Lopouchanski & Vyatcheslav Rybakov] :

На исходе ночи [Au bout de la nuit] (in recueil Киносценарии [Scenarii] #1 pp. 76-104 ?, ? 1985).

 

Arkadi avait quant à lui rédigé l'adaptation d'un récit de Tarkovski que ce dernier envisageait de porter à l'écran (début 1981, par correspondance). Boris avait décliné l'invitation. Longtemps considérée perdue, retrouvée par leur biographe Ant Skalandis alors qu'il épluchait les archives d'Arkadi, elle fut publiée dans une revue de cinéma leur consacrant un dossier.

La sorcière (Ведьма ; Искусство кино [L'art du cinéma] #2 Avril 2008 -traduit par Viktoriya & Patrice Lajoye, à paraître Galaxies #11 ? 2010). Prix Интерпресскон [Interpresscon] catégorie Récit, Saint-Petersbourg 2009.

Il s'agissait d'une des toutes premières versions du script de ce qui allait devenir le dernier opus de Tarkovski (Peut-être trop ouvertement fantastique pour séduire le réalisateur?).

- Le sacrifice (Offret) Andreï Tarkovski (écrit par), Suède/UK/France 1986 (149mn).

Jeam Tag – juin 2010

Retour au sommaire
Dimension Russie - les critiques 
Par Russkaya Fantastika le 13/07/2010 à 16:02

Voilà deux mois maintenant que Dimension Russie est parue. Les critiques commencent à venir, alors autant nous faire plaisir: en voici une synthèse, qui sera bien sûr mise à jour au fur et à mesure que d'autres arriveront.

Oui, il existe une science-fiction russe, qui n’a pas toujours bénéficié des meilleures conditions pour s’épanouir, comme le souligne Vladimir Pokrovski en préface de ce recueil de nouvelles intitulé Dimension Russie […]. Après Dimension URSS, qui présentait des textes de la période soviétique, celui-ci montre que l’imaginaire russe s’est largement rattrapé.
Frédérique Roussel, Libération, 3 juin 2010

C'est vraiment du travail de qualité, autant pour l'idée de départ que pour les textes en eux-mêmes. Cette anthologie a le mérite de faire connaître une littérature qui est plutôt discrète en France, et donne envie d'en savoir plus sur les auteurs qui y sont référencés.
Séverine de Niva (qui fut aussi correctrice sur ce recueil), 15 avril 2010.

Un volume qui en appelle incontestablement d’autres pour approfondir notre connaissance de la littérature de genres russophone.
Maestro, Wagoo, 22 mai 2010

On se trouve devant une anthologie solide, dont les choix de textes sont pertinents, et répondent à une démarche expliquée de manière claire dans l’introduction. Une excellente anthologie aux textes variés qui permet d’appréhender un pan assez méconnu de la littérature russe !
Tony Sanchez, Actu SF, juin 2010

Dimension Russie parvient à réunir des textes variés qui pourtant forment un ensemble cohérent de part leur spécificité historico-géographique (la Russie post-soviétique). D’un très bon niveau général, certains textes sont de véritables petites perles.
David M., SciFi Universes, juillet 2010

L'ensemble est très agréable à lire, parcourant les différents genres connus dans des nouvelles inédites chez nous. Le bouquet final est un magnifique texte de Iouli Bourkine: Le papillon et le Basilic. La poésie qui s'en dégage ne peut laisser indifférent et se poursuit encore longtemps, une fois la dernière ligne achevée.

David Claes, Galaxies NS n°9

Et ajoutons à cela l'article de Martin-Pierre Baudry dans Chronic'Art n°67 (juillet-août 2010), qui y consacre aussi deux colonnes, ainsi que la recommandation de Béatrice Crabère pour le Café Pédagogique.

Retour au sommaire
Eugène Veltitsov - Le Garçon dans la valise 
Par Russkaya Fantastika le 10/07/2010 à 09:40

Le Garçon dans la valise (Электроник - мальчик из чемодана, 1964) d'Evguéni Veltistov (1934-1989, devenu Eugène pour l'édition française), est un très grand classique de la littérature soviétique pour enfants. Traduit par Nina Weinfeld pour les éditions de La Farandole, le roman a eu aussi en France suffisamment de succès pour connaître deux éditions (1975 et 1978). Il faut dire qu'il ne manque pas de charme.

850473011_L.jpg

Electronik est un robot, un androïde, et son apparence est celle d'un petit garçon. Rien ne permet de distinguer sa nature artificielle, et seul un regard attentif peut apercevoir la prise qui dépasse de sa manche. Et c'est cette prise qui va paradoxalement le rendre libre. Alors qu'il doit être présenté lors d'un congrès par le professeur Gromov (Kapitsa dans le texte original), ce denier, voulant le recharger, se trompe de prise et le branche sur du 220 V, quand Electronik fonctionne encore au 110. Le choc fait s'enfuir le garçon artificiel, qui sera amené à rencontrer plus tard Sergueï (Serge dans la traduction française) Potalov (Syroejkine dans le texte original), un garçon qui lui ressemble comme deux gouttes d'eau.

Et la réaction de Sergueï, loin de s'étonner, sera finalement on ne peut plus naturel : il cherchera à profiter des immenses capacités, tant physiques qu'intellectuelles, d'Electronik, pour s'en attirer les bénéfices. Electronik ira donc au collège à sa place...

 

30908

Couverture de l'édition de 1968


Certes, il ne faut pas chercher dans ce roman toute la profondeur de propos qu'il pouvait y avoir chez Vladislav Krapivine. Veltitsov écrit pour les 8-11 ans, et ne cherche pas plus que ça à philosopher. Sa morale reste donc simple, mais habilement amenée. Il en profite au passage pour parler de divers éléments scientifiques qui ont fleuri dans la Science Fiction, faisant de son roman une belle introduction pour ce genre. Et pourtant, malgré ces éléments, son roman n'a pas pris une ride. Il faut dire qu'il reste très discret sur les aspects techniques. Les seuls points datant étant finalement l'usage de vidéophones (futuristes) et d'électricité à 110 V (rétrograde).

Cet aspect intemporel explique pourquoi en Russie ce roman (qui a par ailleurs connu trois suites) connaît chaque année une nouvelle édition.

En 1980, les studios de cinéma d'Odessa en ont aussi tiré une fort sympathique série télévisée (Les Aventures d'Electronik - Приключения Электроника), dont le succès fut immense.


 

 

 

Retour au sommaire
« Page précédentePage suivante »
Powered by BilboPlanet Valid CSS - Xhtml Design by BilboPlanet retour accueil