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20/07/2010 : BOF 09/07/2010 : BOF 07/07/2010 : Driving on the moon 06/07/2010 : Burp ! 06/07/2010 : Deviens ce que tu es ! 04/07/2010 : If the Kids are United 02/07/2010 : Toujours excellent 02/07/2010 : All we ever got was cold 25/06/2010 : Symphonie inachevée 24/06/2010 : Dix petits nègres
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BOF 
Par Gromovar le 20/07/2010 à 08:12

Prévisible, répétitif, invraisemblable parfois jusqu'à l'absurde.
James Rollins, l'auteur de "Map of Bones" (quoi que ce puisse être), compare Jeff Somers à William Gibson. En d'autres temps on l'aurait lapidé pour ce blasphème.
Give it a wide berth !
The electric church, Jeff Somers
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BOF 
Par Gromovar le 09/07/2010 à 09:13

Une guerre nucléaire a ravagé le monde. Elle a duré 37 jours puis a cessé, faute de munitions et de combattants. A cause des retombées radioactives, tout est mort dans l'hémisphère nord. Les particules empoisonnées arriveront dans 9 mois en Australie, portées par les vents. Dans cette dernière terre habitée, il n'y a plus qu'à attendre une mort inéluctable.
Pitch intéressant pour ce roman, très connu des anglo-saxons, publié pendant la guerre froide. La réalisation est misérable.
D'abord, nous respectons les règles parce que nous sommes des gens décents. Situations ridicules où certains veulent payer des factures quelques jours avant la fin, où le protocole militaire est respecté jusqu'au bout (par exemple on coule un sous-marin nucléaire pour ne pas le laisser sans surveillance avec du matériel classifié à l'intérieur), où on fait une réunion pour décider d'avancer l'ouverture de la pêche, etc.
Ensuite nous sommes dans le déni total. Nous faisons du fourrage pour l'an prochain, nous nous lançons dans des aménagements paysagers au long cours, nous apprenons la sténo dactylo (c'était sûrement ça le plus drôle, évidemment ça concerne une femme), nous achetons des cadeaux pour rapporter à ceux que nous retrouverons quand nous rentrerons dans l'hémisphère nord, etc.
Enfin, c'est dramatiquement petit bourgeois. Pas de sexe entre les deux héros amoureux du livre (il est toujours marié à sa femme morte aux USA), on fait des parties durant lesquelles on danse sans se coucher trop tard, on convainc la direction de son club de sortir des caves les bouteilles de vieux sherry qui seront perdus sinon, etc.
Ce désastreux roman a été adapté au cinéma avec Grégory Peck et Ava Gardner, et je peux sans problème imaginer les longs plans fixes, les yeux mouillés, et les violons.
On the beach, Nevil Shute
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Driving on the moon 
Par Gromovar le 07/07/2010 à 08:35

Comment réaliser un sacrément bon petit film avec trois francs six sous ?
Avec un réalisateur créatif, Duncan Jones, et un acteur inspiré, Sam Rockwell. Ca ne vous rappelle pas Sam Raimi et Bruce Campbell ? Moi, si.
Sinon, pour le type de récit et l'esthétique, ça m'a évoqué "Bienvenue à Gattaca".
Moon, Duncan Jones
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Burp ! 
Par Gromovar le 06/07/2010 à 17:30

J'avais beaucoup aimé le volume 1 de Chew, tellement original et décalé. Le volume 2 est décevant. Le scénario est un peu confus, et ne présente guère d'intérêt, cherchant simplement, semble-t-il, le bizarre pour le bizarre. Le pouvoir, tellement spécial, du héros n'est plus utilisé que comme un gimmick, permettant de faire avancer les enquêtes sans qu'il soit besoin d'enquêter. Aucun personnage n'est attachant, ni même intéressant, et le chef tyrannique fait terriblement cliché aussi. "Chew" vol. 2 n'est pas déplaisant à lire, mais il est clairement dispensable.
Chew vol. 2, International flavor, Layman, Guillory
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Deviens ce que tu es ! 
Par Gromovar le 06/07/2010 à 12:04

"No hero", comic du duo Ellis, Ryp, vient d'être publié en français par l'excellent éditeur Milady Graphics.
Violent, gore, intelligent, rusé, "No hero" est une vraie réussite, bien supérieure au "Black Summer" des mêmes.
Néault en parle tellement bien que je lui laisse l'exclusivité de la critique. Je sais, c'est bref, mais les comics c'est pas ma spécialité. Et je me rattraperai sous peu avec "Logicomix" et le tome 2 de Chew (même si je m'aperçois que pour le tome 1 j'avais déjà laissé la parole à Néault, bad me !).
No Hero, Ellis, Ryp
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If the Kids are United 
Par Gromovar le 04/07/2010 à 17:27

Rousseau écrivit dans le "Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes" :
Le premier qui ayant enclos un terrain s'avisa de dire : "Ceci est à moi" et trouva assez de gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères, que d'horreurs n'eût point épargné au genre humain celui qui arrachant les pieux ou comblant les fossés, eût crié à ses semblables : "Gardez-vous d'écouter cet imposteur, vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n'est à personne."

Environ un siècle plus tard, Proudhon écrivait plus sobrement :
La propriété, c'est le vol

Cory Doctorow a fait sienne ces deux idées. Militant très actif de l'Open Internet et du Creative Commons, il a écrit de nombreux textes, déjà chroniqués sur ce blog. Son dernier roman, "For the win", poursuit son travail de conviction.
Dans un futur très proche, les jeux online ont généré des activités parasitaires à une échelle inconnue aujourd'hui. Les chinese farmers, marginaux aujourd'hui, sont devenus, dans le monde décrit par Doctorow, les tenants d'une véritable activité économique et financière (j'insiste sur les deux termes, j'y reviendrai). Sur le modèle du développement de la zone indo-chinoise (bas salaires, conditions de travail inhumaines, exploitation, distorsion du taux de change) se greffe une activité de production de biens virtuels destinés à des clients occidentaux. Doctorow part d'une activité existante et la grossit jusqu'à l'absurde, faisant de ses jeunes héros les ouvriers d'usine des biens de la réalité virtuelle, comme leurs parents le sont pour les biens matériels. Les plus débrouillards de ces ouvriers vont s'organiser, en dépit de leur éloignement géographique, créer un syndicat virtuel, et lutter pour de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail.
Dans une approche résolument marxiste, Doctorow dépeint des jeunes gens qui découvrent progressivement que le statut d'exploités n'est pas inscrit dans leurs gènes, qu'il n'y a pas de justification rationnelle aux super-profits, que seule la lutte organisée peut avoir un effet sur le système, et qu'il faut accepter des sacrifices importants en vies humaines pour espérer le faire changer (à fortiori quand une partie du système se trouve dans la République Populaire de Chine, pays peu réputé pour son approche démocratique et sociale).
Toujours didactique, Docotorow décrit avec forces détails les sociétés asiatiques, inégalitaires, brutales, et quasi mafieuses, dans lesquelles prospère ce qu'on appelle pudiquement, en économie internationale, la sous-traitance internationale liée à la Division Internationale du Travail. Il interlace son récit d'explications érudites et pourtant très compréhensibles sur les inégalités économiques qui sous-tendant ce marché, ainsi que sur les mécanismes financiers qu'il y imagine. Et cet aspect est l'illustration superbe de la créativité de l'auteur. En effet, Doctorow postule que l'or et les biens virtuels vont faire l'objet d'une spéculation financière internationale. Et très objectivement il n'y a aucune raison que ça n'arrive pas, la valeur d'une chose sur le marché n'étant soutenue que par la croyance qu'a le marché dans la valeur de la chose. Il explique donc les mécanismes d'arbitrage financiers, les notions de valeur fondamentale, la création et la valorisation de produits dérivés de plus en plus complexes, les fluctuations courtes et longues du marché, etc... Il explique les chaines de Ponzi (Hello, Bernie !). Il explique comment on peut frauder dans un jeu informatique où tout devrait être sous contrôle des serveurs. Il explique enfin la théorie des coûts de transaction de Coase et l'utilise comme argument pour affirmer qu'Internet, en permettant à tous les humains et à tous les travailleurs de se coordonner instantanément et sans coût, est un outil de rééquilibrage du rapport de force entre les prolétaires et les firmes dans le monde entier. C'est à cette échelle, planétaire, que doivent se produire les luttes, tant il est vrai que dans une approche marxiste la révolution ne peut être que mondiale car le capital est mobile. Et tout ceci dans un langage très compréhensible, je le répète. Doctorow rend le lecteur intelligent et lui donne le sentiment qu'il est intelligent.
La lutte des farmers se déploiera dans trois mondes, aucun plus important que l'autre : piquets de grève dans la réalité, blocage du gold farming dans la virtualité, attaque financière pour provoquer un krach des produits dérivés. Virtuel, réel, économie matérielle, et économie virtuelle, forment un tout consubstantiel et seuls les vieux syndicalistes de la vieille économie ne le voient pas, au début du moins.
Après ce concert de louanges, justifiées sans exception, une petite critique. "For the win" est moins excitant que Little Brother, la faute à des chapitres trop courts, à des allers-retours narratifs parfois un peu pénibles, à une accumulation de détails qui oublie parfois d'aller à l'essentiel. On aimerait plus de rythme. Néanmoins, même si je n'ai pas fusé dans les pages comme pour son précédent opus, "For the win" est un roman de grande qualité, intelligent, sensible, et instructif.
For the win, Cory Doctorow (gratuit en dl sur son site)

L'avis de Un lecteur

L'avis d'Alias
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Toujours excellent 
Par Gromovar le 02/07/2010 à 10:45

Bon. Pour le tome 2 a la fin du mois de janvier que j'annonçais il y a quelques mois, je dois admettre un excès d'enthousiasme. Mais l'attente n'a pas été vaine.
Le tome 2 de "Sarah" conserve toutes les qualités du premier, et poursuit enquêtes et révélations à un rythme soutenu.
Le style est toujours angoissant comme rarement une BD parvient à l'être. On navigue entre survival, serial killer story, et affaires non-classées. Le découpage distille le suspense, et les nombreuses images sans texte servent le récit, ce qui est loin d'être toujours le cas avec ce type de cases.
C'est excellent. Ca se conclura dans un tome 3 dont je vais prudemment ne rien dire. A lire le soir, seul, à la faible lumière.
Sarah, t2, Bec, Raffaele
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All we ever got was cold 
Par Gromovar le 02/07/2010 à 07:45

"La divine comédie" est l'opus 1 d'une nouvelle série intitulée "Zombies" et publiée chez Soleil.
Là, je veux vous entendre hurler ! Ras le bol des zombies ! Qu'ont-ils tous avec les zombies ? Ce n'est quand même pas une métaphore sur l'Equipe de France !?!
On aurait à priori raison de hurler, mais on aurait tort a posteriori.
"La divine comédie" est d'abord un très bel album. Des dessins réalistes, soutenus par un beau travail de colorisation, dans les tons ocres et les nuits pluvieuses, immergent le lecteur dans la réalité d'un monde au bord de l'anéantissement. Cholet et Champelovier sont largement responsables du plaisir qu'on prend à lire cet album.
Premier tome d'une série, "La divine comédie" peut pourtant se lire comme un one-shot. Il est donc facile de se lancer dans cet ouvrage, pour un essai, ou de l'offrir à un ami. Néanmoins, de nombreux fils sont lancés qui serviront à alimenter les épisodes suivants et j'attends avec impatience les révélations à venir. L'histoire est classique (la zombie story a ses passages obligés), sans l'être trop ; elle alterne avec bonheur des phases d'action (la survie) et des moments d'introspection (le retour à la vie), elle est vraiment émouvante, ce qui n'est pas évident à réaliser sur un récit de 48 planches seulement (nous ne sommes pas encore ici dans Walking Dead et ses bientôt 12 épisodes, mais souhaitons-lui le même succès). Bravo donc à Olivier Peru, le scénariste, pour la trame qu'il a mise en place, pour son dénouement, tragique, et pour son introduction, tragiquement drôle. Et vivement la suite.
Zombies, t1 La divine comédie, Peru, Cholet, Champelovier

L'avis du toujours excellent Néault
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Symphonie inachevée 
Par Gromovar le 25/06/2010 à 12:34

"Les vestiges de l'automne" est une novella de Robert Silverberg écrite à partir de fragments du script de ce qui devait être le troisième tome du cycle, abandonné pour raison éditoriale, de la Grande Planète, dont les deux premiers volumes, sortis, sont "A la fin de l'hiver" et "La Reine du printemps".
N'ayant pas lu les deux premiers romans, je ne connaissais pas le monde dans lequel se passe "Les vestiges de l'automne". La Grande Planète est une terre post-apocalyptique. Habitée précédemment par des post-humains et les six races qu'ils ont créés, elle a été dépeuplée par une catastrophe. Après les 700000 ans d'une glaciation due à des chutes de météorites, la vie à la surface reprend, dans une confrontation, guerrière puis commerciale, entre les deux races survivantes, le Peuple et les Hjjks. Silverberg braque son objectif sur le Peuple, simiesque, et proche des humains. Auteur d'une Renaissance technique et économique, le Peuple a créé une société aristocratique de mécènes et de marchands. Ce monde se passionne pour son histoire ; il étudie passionnément l'histoire et l'archéologie. L'auteur développe deux récits liés, celui d'une histoire d'amour entre deux intellectuels du Peuple, et celle de la redécouverte d'une des six races perdues, prétendument disparue, et de son tragique destin.
En 134 pages seulement, Silverberg écrit une historie passionnante, dotée de personnages développés et attachants, dans un univers cohérent et riche, et très joliment écrite ce qui ne gâche rien. "Les vestiges de l'automne" a le charme descriptif de Majipoor (dont j'ai détesté le "héros"), mais avec, ici, des personnages charmants et une histoire, devrais-je écrire une Histoire ?, ramifiée et riche.
A noter que le script original se trouve à la fin de l'ouvrage. Et quel dommage que ce roman n'ait jamais été écrit, il y avait tellement d'autres choses à dire.
Ce bien joli texte m'a donné envie de me mettre en quête des deux premiers volumes.
Les vestiges de l'automne, Robert Silverberg

L'avis d'Efelle
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Dix petits nègres 
Par Gromovar le 24/06/2010 à 08:33

"Le Volcryn" est une novella de George R. R. Martin, prix Locus en 1981, et publiée aujourd'hui par les éditions ActuSF.
On ne présente plus l'auteur de la meilleure et plus énorme saga de low fantasy de tous les temps (ni d'ailleurs du plus long délai contemporain entre deux volumes). On ne sait pas toujours qu'il a écrit un peu de SF, entre autres, avant de commencer l'odyssée du Trône de Fer.
"Le Volcryn" est un whodunit, en huis-clos, dans l'espace. Dans l'Armageddon, un vaisseau spatial en route pour une première rencontre avec une race alien mythique, s'installe le doute, puis la peur, puis le crime. Le capitaine du vaisseau ne se montre jamais, les détenteurs de pouvoirs psi paniquent, et les fiers explorateurs (dont de nombreux personnages intéressants) deviennent rapidement des individus paranoïaques, craignant pour leur vie.
Certains mourront ; une partie ( toute petite) de l'équipage ira vers la résolution du mystère de l'Armageddon, pendant qu'une autre découvrira le secret des Volcryn. Dans les deux cas, l'explication ne vient pas trop vite, ni à l'esprit, ni dans le texte, ce qui est une bonne chose.
Rythmé, rapide, bien dialogué, "le Volcryn" est une d'une lecture rapide et agréable. Une bonne idée de lecture pour l'été.
Le Volcryn, George R. R. Martin


L'avis d'El JC

L'avis d'Efelle

L'avis de Lhisbei
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