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22/05/2009 : Un horizon de cendres / Jean-Pierre Andrevon 07/05/2009 : Les Enfants de la destinée. Tome 1, Coalescence / Stephen Baxter 17/04/2009 : Il est parmi nous / Norman Spinrad 04/04/2009 : La Guerre spéciale / Xavier Mauméjean 09/03/2009 : Eifelheim / Michael Flynn 20/02/2009 : Quelques questions à... Grégoire Hervier 13/02/2009 : La Fin du monde / Fabrice Colin 08/02/2009 : Quelques questions à... Alfred Boudry et Edwin Hill 04/02/2009 : Acacia. Tome 1, La Guerre du Mein / David Anthony Durham 28/01/2009 : L'Epouvanteur. Tome 1, L'apprenti épouvanteur / Samuel Delaney ; texte lu par Thierry Wermuth
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Un horizon de cendres / Jean-Pierre Andrevon 
Par BiblioMan(u) le 22/05/2009 à 13:52
Méfiez-vous ! Ils sortent de partout ! Difficile pour eux de faire peau neuve (quoi que, quoi que…), mais depuis quelques années, ils sortent de terre pour envahir toutes les facettes de l’imaginaire : le cinéma, la littérature, les jeux vidéos, la BD. Ils ? Pas les vampires qui ne cessent d'avoir pignon sur rue depuis belle lurette, mais les zombies, vous savez, ces êtres repoussants à l’odeur putride qui dépeuplent les cimetières, et ne demandent rien de mieux que de vous prendre dans leurs bras avant de s’inviter pour un barbecue party où vous seriez, bien sûr, le plat principal.

Regardez, en peu de temps, il y a eu entre autres Land of the dead, Dance of the dead, Shawn of the dead (difficile de faire sans le mot dead, naturellement), Zombie la cavale des morts, World War Z accompagné de son extension, Guide de survie en territoire zombie, sans oublier une étude récente sur cette culture ne datant tout de même pas d’hier, Zombies, un livre à la couverture... poignante.

Un horizon de cendres s’inscrit dans cette mouvance et le résultat est plutôt réussi. N’ayant jamais été porté sur le phénomène des morts-vivants, je me suis demandé ce qui m’avait poussé vers cette lecture. La couverture de l’édition de poche dans un premier temps – du coup n’hésitez pas à répondre au petit sondage qui m’a été soufflé par cette constatation – et, naturellement, le résumé. Un résumé accrocheur, non dénué d'humour, comme si vous y étiez. Une tonalité que l'on se plaît à retrouver au début du livre. Oubliées les frayeurs enfantines occasionnées à la seule vision des affiches de cinéma d'un autre temps ! A travers le journal du héros de cette histoire, les zombies ne paraissent pas vraiment méchants. Au contraire, il sont même un brin lourdauds. D'accord, ils sont sales, ils ne sentent pas bon, mais on leur donnerait presque le bon dieu sans confession. Et s'ils deviennent un brin collants, il suffit de les réduire en miettes, à coups de hache ou tout autre ustensile tranchant à disposition. Pour les armes à feu, il faut prévoir la cartouchière, ils sont du genre coriaces. Mais ça ne mange pas de pain et, de toute manière, ils se reconstituent peu de temps après. Même ces braves gens de la télé ne s'y sont pas trompés, ils ont su profiter du filon – étonnant, non ? - en faisant revenir les défunts célèbres sur leurs plateaux. De la télé-réalité comme on n'osait pas l'espérer.

L'ambiance change du tout au tout lorsque ces chers morts-vivants, en plus de grossir leurs rangs (même le narrateur n'ose pas s'aventurer sur un calcul aussi vertigineux) entreprennent de muter en mangeant la cervelle d'animaux. Un début sur l'échelle de l'évolution du zombie... Le décor devient alors apocalyptique. L'Horizon de cendres est là, bien là. De la grisaille plein la tête où le lecteur devient assiste à la vie en communauté de quelques hommes et femmes, bien déterminés à survivre.

Le narrateur ne se pose pas d'incessantes questions sur le pourquoi du comment d'une telle invasion. Il n'en a pas le temps. C'est là sans doute aussi, l'une des forces de ce roman où le lecteur se trouve, avec le héros, emporté par la spirale folle d'un monde en déliquescence. Un renouveau pas pire qu'un autre ? C'est en tout cas l'une des questions posée ouvertement par ce livre, signé comme un constat d'échec de l'humanité, incapable de vivre sans détruire. Une tendance chez certains auteurs actuels. Mais comme on dit, ceci est une autre histoire, et j'aurai l'occasion d'y revenir.

Un Horizon de cendres, Jean-Pierre Andrevon, Pocket (Science-fiction), 242 p.
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Les Enfants de la destinée. Tome 1, Coalescence / Stephen Baxter 
Par BiblioMan(u) le 07/05/2009 à 13:55
Constat n°1 : ça fait du bien de prendre du temps pour lire un gros pavé des familles. Vous me direz, ça fait deux à la suite et certains qui vont suivre ne manquent pas de volume non plus.

Constat n°2 : on lit ici ou là, notamment chez ce cher Henri dont j'adore parcourir les avis, qu'il y en a marre de tous ces ouvrages gargantuesques assortis de suites à rallonge. C'est vrai, il m'arrive de le penser aussi. Mais...

Constat n°3: Il m'arrive de raconter n'importe quoi et je suis bien obligé de me confronter à ma mauvaise foi ou bien sûr, à mon ignorance. Voilà, c'est dit, profitez-en, je ne ferai pas ça à chaque fois. C'est bien beau de se cacher derrière un costume, c'est sûr, on affirme des choses, on est même cinglant parfois, sous prétexte qu'on n'a pas aimé un livre. On taille dans le vif, on lacère à coups de mots, ça fait du bien. Après tout, on lit, on se sent lésé, on le dit, alors forcément, notre parole dépasse parfois notre pensée (mais pas toujours, quand même ; je veux bien faire un mea culpa mais sur certains titres je suis prêt à persister et à signer : je vous entends déjà scander : des noms ! Des noms ! Enfin, scander, non, vous n'êtes peut-être pas assez nombreux pour ça...).

Tout ça pour dire, qu'on est parfois assis sur notre quant à soi et que ça ne fait pas trop de mal d'être remis à notre place... par un livre.
Souvenez-vous, au mois de novembre dernier, je vous parlais du dernier livre de Dan Simmons, Terreur. Je faisais une courte allusion à la froideur des personnages d'un certain Stephen Baxter ainsi qu'à l'encensement un peu étrange dont il était l'objet. Pour ce faire je m'étais appuyé sur Voyage, pour lequel je conservais un avis mitigé, et sur Poussière de lune qui m'était tombé des mains.

Et voilà qu'en rangeant le premier tome des Enfants de la destinée à la médiathèque, je me mets à en parcourir les premières pages.

Je suis venu m'installer à Amalfi. Je ne peux pas supporter, pas encore, l'idée de retourner en Angleterre, et je trouve cet endroit apaisant après l'étrange multitude dans laquelle j'ai été plongé à Rome.

Alors là, j'ai bien été obligé d'admettre que la force de ce « je », son ambiguïté, sa fragilité aussi, m'ont remis les idées en place.

George Poole est informaticien à Londres. Il est divorcé. Sa soeur avec qui il entretient des rapports conflictuels vit aux Etats-Unis. Au moment où débute cette histoire, son père vient de mourir et c'est donc à lui qu'incombe la douloureuse tâche de faire le ménage. S'en acquittant, il découvre l'existence d'une sœur jumelle, Rosa, que ses parents auraient envoyé à l'Ordre de Sainte Marie Reine des Vierges alors qu'il avait trois ans. Une sœur dont il n'a gardé aucun souvenir et qu'il espère bien retrouver.

Ainsi résumée l'histoire, on pourrait se demander où se trouve l'effet science-fictif. Ne comptez pas sur moi pour vous le révéler. La quatrième de couverture en disait déjà trop.
On suit George dans sa quête. En parallèle, on assiste à l'éclosion de cet Ordre de Sainte Marie des Vierges alors que l'Empire romain entame son déclin (on oublie bien vite les quelques invraisemblances – je ne savais pas, par exemple, que la poste existait à cette époque, et encore moins les préservatifs. On comprend l'intention de l'auteur mais ça surprend à la lecture, et non, il ne s'agit pas d'une histoire de voyage dans le temps.).

A sa manière, Stephen Baxter revisite le mythe de la Caverne, met dans la balance le poids de l'individu avec celui de l'humanité et observe position et évolution de l'un et de l'autre dans des contextes spécifiques. C'est tout simplement prenant.

Constat n°4: j'embarque bientôt pour le tome 2.
Constat n°5: je m'arrête là... pour aujourd'hui.

Les Enfants de la destinée. Tome 1, Coalescence / Stephen Baxter, traduit de l'anglais par Dominique Haas, Pocket, 730 p.
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Il est parmi nous / Norman Spinrad 
Par BiblioMan(u) le 17/04/2009 à 21:00
Texas Jimmy Balaban aurait très bien pu ne jamais croiser Ralf. Mais voilà, il ne sait pas résister à l'appel de la chair. Et pour s'éviter un nouveau divorce extrêmement coûteux, il emmène sa conquête d'un soir dans un patelin paumé où personne ne sera en mesure de le compromettre.
C'est là, sur les planches de café théâtre de l'hôtel, qu'il rencontre Ralf, un comique prétendant venir du futur, où la biosphère ne serait plus qu’un souvenir, et où les hommes survivraient tant bien que mal dans des conditions effrayantes. Une Terre dévastée par des hommes qui doivent se reprendre en main, d’où le périple de Ralf.

Jimmy, en tant qu'agent Hollywoodien, sent tout de suite l'opportunité qu'il y aurait à signer un contrat avec cet homme si particulier. Particulier car Ralf semble ne jamais devoir quitter le personnage qu'il incarne, ce qui, bien sûr, n'est pas sans désagrément. Dans la perspective de réaliser un talk-show où ce comique du futur pourrait s’imposer au grand public, Balaban engage deux personnes diamétralement opposées : Dexter Lampkin, un écrivain de science-fiction dont le rôle sera de scénariser l’émission, et Amanda Robin qui devra coacher - la mince affaire !- Ralf selon ses principes New Age.
Accrochez vos ceintures, parce que c’est parti pour près de 700 pages de pur plaisir.

Il n’existe qu’une seule définition de la science-fiction qui me paraisse utilisable et sensée : la science-fiction c’est tout ce qui est publié sous le nom de science-fiction. Norman Spinrad.

Il est parmi nous n’est pas à proprement parler de la SF, il n'est pas que cela en tout cas. Les éléments de base sont là (le voyage temporel, une planète en perdition, un enjeu colossal) c’est un fait, mais ils ne servent que de prétexte à traiter des sujets chers à Norman Spinrad : le pouvoir des médias sur les masses, la place de l’argent dans la société, les enjeux autour de la sauvegarde de la planète et… la science-fiction. Ce qui ne veut pas dire pour autant que ces thèmes sont abordés au détriment de l’histoire. L’approche n’a ici rien de classique. Il n’y a pas de description minutieuse du futur, il n’y pas de gravité apparente autour de la préservation de l’espèce humaine, pas de grandiloquence non plus, ni d’action à tout va. Il y a l’humour sous plusieurs facettes : fin, vachard et satirique… ça tire dans tous les sens : les fans de SF en prennent pour leur grade (il y là des scènes hilarantes où les pages défilent le sourire aux lèvres – ah cette convention !), les écrivains aussi, la télé, bien sûr...

Les personnages, quant à eux, sont servis sur le plateau de la drôlerie. Que ce soit Texas Jimmy Balaban, Dexter Lampkin ou Amanda Robin. Voilà des anti-héros au relief vraiment retentissant. Pas toujours reluisants dans leurs intentions, et aveuglés par les paillettes du show-bizz, de l’argent, des femmes, ou illuminés par le mysticisme, ils ne se posent pas la question de savoir si Ralf vient effectivement du futur. Pas tout de suite. Ils n’ont que l’émission en ligne de mire. Ça et les taux d’audience. La planète fonce dans le mur ? Et alors, on a une émission à faire tourner. On recyclera notre merde pour la bouffer ? Il faut trouver du public. L’air sera irrespirable ? Il faut repenser le concept du talk-show, satisfaire ces téléspectateurs toujours avide de nouveauté. Bizarrement, seul Ralf, le comique, est d’une certaine façon le personnage le plus grave, le plus énigmatique. Le lecteur ne sait jamais vraiment s’il dit vrai ou pas, s’il vient vraiment du futur. Je me suis fait ma petite idée, celle qui me satisfaisait. Mais tous, quels qu’ils soient, même cette inénarrable Foxy Loxy qui évolue en parallèle de l’histoire – ah j’imagine le boulot et la joie de la traduction consacrée à elle seule – , touchent au fond par leur humanité, par leur authenticité.

Impossible pour moi de vous citer tel ou tel passage du livre pour vous donner ne serait-ce qu’un léger aperçu du souffle qui l'habite. Le choix est tout simplement difficile. Je le ferais pour un personnage au détriment d’un autre, d’un épisode au détriment d’un autre. Non, impossible. Il va vous falloir me croire sur parole.

Il est Parmi nous est un roman foisonnant, riche, aux pistes de lecture multiples. Et ce qui ressort de tout ceci, d’une certaine manière, en filigrane de cette histoire, c’est que les différences des uns et des autres peuvent s’avérer complémentaires, voire propices au sursaut à même d’insuffler une énergie salvatrice. Pour ne pas foncer dans le mur.

L’humour fait vendre.
Il fait aussi réfléchir. Et de bien belles manières, en l’occurrence.

Il est parmi nous, Norman Spinrad, Fayard,traduit de l'américain par Sylvie Denis et Roland C. Wagner, 691p.
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La Guerre spéciale / Xavier Mauméjean 
Par BiblioMan(u) le 04/04/2009 à 15:53
Il semble dorénavant inévitable de lire un Space Opera de veine militariste sans le rapprocher des deux œuvres maîtresses du genre : Etoiles, garde à vous ! de Robert A. Heinlein et La Guerre éternelle de Joe Haldeman. C'était déjà le cas ici avec le Vieil homme et la guerre de John Scalzi, et ça l'est à nouveau avec La Guerre Spéciale de Xavier Mauméjean. Le rapprochement est clairement affiché pour ce dernier puisque l'ouvrage est dédié aux deux auteurs référence. Ce qui n'est pas sans surprendre quand on sait les points du vue, politiques entres autres, qui séparaient Heinlein et Haldeman. A ce propos, il est troublant de constater que la question du militarisme et du patriotisme outranciers dont faisait montre Heinlein est toujours aussi controversée - le film adapté Starship troopers n'a en tout cas pas permis d'y voir plus clair. Donc, si un spécialiste sur la question passe par ici, qu'il n'hésite pas à se manifester.

Mais aujourd'hui, c'est de la Guerre spéciale dont je voulais parler. Dont acte.
Des années après avoir acquis son indépendance aux dépens de la Terre, suite à un conflit meurtrier, la Confédération est l'objet d'une menace, non identifiée cette fois-ci. A bord d'un vaisseau de l'armée, un militaire dont le patriotisme, la valeur et le courage n'étaient plus à prouver, est en effet parvenu à éliminer l'ensemble de son équipage avant de mettre fin à ses jours.
Aussitôt, la Confédération s'inquiète. La Terre, avide de revanche, aurait-elle mis au point une nouvelle arme capable de contrôler les esprits ? Ou bien des extra-terrestres sont-ils à l'origine de cette nouvelle menace ?
Les faits sont suffisamment inquiétants pour enclencher le programme "Guerre spéciale". La réussite de ce programme dépend de l'enrôlement de jeunes soldats dont on espère qu'ils portent en eux les germes de pouvoirs mentaux hors normes.

Je n'avais pas vraiment été séduit par le seul ouvrage que j'avais lu de l'auteur, La Ligue des héros ou comme Lord Kraven n'a pas sauvé l'Empire. Je ne l'ai pas été plus par La Guerre spéciale. Autant le premier m'avait ennuyé par ses côtés brouillon et longuet, autant le second m'a produit la même impression par son aspect impersonnel et glacé. Les trois jeunes autour desquels s'articule le récit me sont apparus déshumanisés et, froid, oui, comme s'ils étaient au service de l'histoire, celle-ci n'évoluant alors que sur une patte, l'inverse n'étant pas de mise. Du coup, le lecteur que je suis ne s'est jamais vraiment intéressé à leur sort, et la révélation finale m'a provoqué autant d'effet que la lecture de l'Ours du N°3089 de Télérama.

En ce sens, je serais du même avis que Bruno Para à propos de ce livre, à savoir que ceux ayant lu les ouvrages de Heinlein et Haldeman n'y trouveront pas leur compte. Pour les autres, cela reste à voir. Pourquoi pas ?

La Guerre spéciale, Xavier Mauméjean, Mango (Autres Mondes), 201 p.
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Eifelheim / Michael Flynn 
Par BiblioMan(u) le 09/03/2009 à 21:11
Pour continuer dans la comparaison culinaire comme je le fais parfois, voici avec Eifelheim un livre à ranger dans la catégorie des soufflés. De ceux qui, malheureusement, se ratatinent lorsque l'envie nous prend d'ausculter leur sommet afin de s'assurer de leur bonne tenue. Peut-être aurais-je dû attendre avant de procéder de la sorte, mais le mélange n'a pas pris. Ce doit être la faute à mon cerveau/four car je sais que certains l'ont apprécié aux petits oignons, comme ici ou là, par exemple.

La préparation s'annonçait pourtant sous les meilleures augures, la levée s'étant faite de façon magistrale - n'ayons pas peur des mots - avec l'immersion dans une petite ville de l'allemagne médiévale, au XIVème siècle, dont la tranquilité se voit perturbée par l'avarie d'un vaisseau d'extra-terrestres aux allures de sauterelles. Parrallèlement le lecteur suit, de nos jours, les recherches d'un historien et de sa compagne physicienne, autour du mystère qui entoure la disparition de cette ville, jamais reconstruite.

La lecture s'est avérée passionnante, un temps du moins, avec cette rencontre du troisième type orchestrée sous le point de vue d'un prêtre érudit. Elle mettait l'éclairage sur "la relativité culturelle" annoncée sur la quatrième de couverture : religion, technique, technologie, la place de l'homme dans l'univers, le sens de la vie, le passage du temps... Autant de considérations et d'approches poussant à la réflexion, à laquelle je ne me suis pas forcé pour m'y prêter.

Mais voilà, j'attendais aussi autre chose de cette histoire dont le postulat de départ ouvrait la voie à de multiples possibilités. Un peu plus d'action n'aurait pas été malvenue, ainsi que des rebondissements, des révélations (pas besoin de tomber dans le sensationnalisme pour autant). Sans parvenir à mettre le doigt dessus, les extra-terrestres ne m'ont pas tellement convaincus non plus. Il leur manquait un je ne sais quoi de je ne sais quoi. Dur quand on ne trouve pas les mots...
De ce point de vue là, le livre n'a pas comblé mes attentes. Le potentiel était là, pas la surprise.

Alors tout cela s'est peut-être révélé par la suite, mais le moment est venu où je me forçais pour le lire. Et là, non merci, je préfère changer de recette. Mais je l'aurai un jour mon chef d'oeuvre de SF, je l'aurai...

Eifelheim, Michael Flynn, traduit de l'américain par Jean-Daniel Brèque, Robert Laffont (Ailleurs et Demain), 525 p.
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Quelques questions à... Grégoire Hervier 
Par BiblioMan(u) le 20/02/2009 à 12:25
Rassurez-vous ! Tous les commentaires que vous pourriez faire à l'écoute de cette interview menée par Calamity Jane ne seront pas enregistrés, et personne, ô grand personne, ne remontera jusqu'à vous pour avoir plus que tendu l'oreille aux propos de Grégoire Hervier. Alors n'hésitez pas à vous y plonger, et si vous voulez même prolonger cette immersion dans Zen City, laissez vous guider dans la description du site effectuée par Gentille Pestouille. Voilà, par contre, si vous voulez bien vous déplacer un petit peu sur la gauche vous êtes un peu à contre-jou....mais non, je ne vous vois pas....Personne ne vous voit. Allez, tous à vos clics !



tilidom.com

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La Fin du monde / Fabrice Colin 
Par BiblioMan(u) le 13/02/2009 à 13:29
La fin du monde, donc. Le titre est déjà suffisamment évocateur, la couverture aussi. Dans un futur proche, trsè proche, les chinois ont franchi le point de non retour, sans que l'on en connaisse les raisons exactes, mais peu importe, le fait est là, ils ont envoyé une bombe nucléaire sur les Etats-Unis. L'escalade est amorcée, répliques à l'appui. Quatre adolescents répartis sur le globe, dont les fils de leur histoire personnelle vont se croiser, assistent à la dégénerescence du monde. Leur seule chance de survie réside dans l'existence d'une base secrète située au Groënland vers laquelle ils vont tenter de converger.

Une simple et brève projection dans le futur. Presque une uchronie en temps réel.

...Et si...

Cela suffit en tout cas pour offrir un récit sans concession, un roman choc, coup de poing, d'une dureté âpre. Un roman qui ébranle par la force de son thème, de ses images, de ses situations, des émotions qu'il véhicule. En ce sens, le périple du jeune chinois, Xian, est bouleversant par bien des apects. Que l'on soit adolescent - le public visé en priorité par la collection - ou moins jeune, nul n'est épargné.

Il n'y a aucune place à l'espoir dans ce livre là, ou si peu. On l'anticipe néanmoins pour la suite qui lui sera donné (parenthèse pour dire que j'aurais préféré avoir toute l'histoire en main plutôt que ce roman trop bref, en fin de compte.), sans être sûr pour autant que ce soit là l'intention de Fabrice Colin. En tout cas, s'il voulait frapper un grand coup, c'est réussi.

La Fin du monde, Fabrice Colin, Mango (Autres Mondes), 2009, 200 p.

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Quelques questions à... Alfred Boudry et Edwin Hill 
Par BiblioMan(u) le 08/02/2009 à 20:50
Il y a quelque temps, je vous avais parlé d’un OLMOepcNI, en la parution de la Bibliothèque Nomédienne aux éditions de l'Atalante. Et l’opportunité m’a été donné de prendre le micro pour le Zinc - l’émission que je ne devrais plus vous présenter - afin d’interviewer Alfred Boudry et l’un des gaillards d’avant, Edwin Hill. Fort heureusement, j’étais accompagné par Marie-Pierre Soriano, alias Calamity Jane, pour m’épauler dans cette première expérience radiophonique… Quand je vous disais que le voyage continuait !


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Acacia. Tome 1, La Guerre du Mein / David Anthony Durham 
Par BiblioMan(u) le 04/02/2009 à 21:08
Le royaume d'Acacia, gouverné par la famille Akaran depuis plusieurs générations, vit de sombres jours. Une attaque de grande envergure visant à le renverser est sur le point de se produire, sans que quiconque ne s'en aperçoive. Les Mein ont tout fait pour que rien ne filtre jusqu'au roi Leodan. L'heure de mettre fin au joug de la lignée Akaran a enfin sonné. Car le royaume d'Acacia, aussi florissant qu'il puisse paraître, ne tire pas sa gloire et son rayonnement dans sa capacité à fédérer les peuples ni de ses valeurs. Depuis des siècles il permet en effet le trafic d'enfants en contrepartie d'une drogue dont les Acacians sont devenus dépendants. Cette pratique, le roi Leodan était prêt à l'éradiquer mais les forces en jeu sont bien trop complexes pour y parvenir facilement. Et le temps a fini par jouer contre lui. L'assassinat dont il est victime ne lui permettra pas d'arriver à ses fins. Néanmoins, dans l'éventualité d'un tel scénario, Leodan avait prévu de séparer ses enfants pour leur assurer la survie et favoriser leur retour pour, qui sait, rétablir un ordre nouveau, plus humain.

C'est vrai que cet ouvrage avait tout pour plaire : un effet « buzz » pas mal ficelé, des critiques élogieuses qui appuyaient sur le fait que non, nous n'étions pas dans une histoire aux clichés retentissants, que l'écriture était agréable... De quoi redonner envie de lire de la fantasy à celui qui aurait subi des déceptions à répétition quand il s'agissait de renouer avec le genre.

Mais...non.

L'histoire est assez prenante dès le début, c'est vrai, on se plaît à ne pas retrouver cette lutte archi-manichéenne dont on connaît à l'avance les tenants et les aboutissants avant d'avoir tout lu. Les enfants du roi Leodan sont attachants dans ce qu'ils offrent de diversité et de profondeur. Mais j'avoue avoir été désarçonné par la longueur de l'ouvrage, et, surtout, par le nombre de points de vues narratifs adoptés qui s'imposent par la force des choses: les enfants exposés tour à tour, Hanish Mein, l'intendant du roi, sans parler de tous les autres protagonistes qui s'inscrivent dans cette histoire. Pas de quoi en perdre son latin pour autant, mais ce processus pourra en gêner certains.

Et puis, tout simplement, je crois ne plus être sensible à l'univers médiéval, aux batailles, à l'aspect stratégico-politique qui touchent à ce genre d'ouvrages.
En revanche, pour ceux qui apprécient vraiment la Fantasy, je ne doute pas qu'ils trouveront en Acacia, un livre prenant et bien fait. Ce fut par exemple le cas de Sandrine Brugot-Maillard et de Bruno Para.

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L'Epouvanteur. Tome 1, L'apprenti épouvanteur / Samuel Delaney ; texte lu par Thierry Wermuth 
Par BiblioMan(u) le 28/01/2009 à 23:19
Tom est le septième fils d'un septième fils. A ce titre, il est tout destiné à devenir épouvanteur dont la lourde charge est de protéger les populations des malédictions qui les frappent, des gobelins,des spectres et autres sorcières aux intentions malfaisantes. Sa mère a tout fait pour que les pouvoirs inhérents à son rang familial, ses perceptions exacerbées, soient utilisées dans ce sens. Et effectivement, quand l'âge vient pour lui d'apprendre un métier, le voilà obligé de quitter la ferme de ses parents pour aller vivre avec Maître Grégory où, en lieu et place d'initiation l'attendent la plus effroyable des aventures.

Dans la série lecture à haute-voix dont vous trouverez le premier épisode ici, avec cette expérience avortée autour de Skully Fourbery, nous avons une fois de plus décidé de ne plus nous disputer le programme télé (pour la forme bien sûr puisque je ne la regarde pratiquement plus). Cette fois-ci, nous nous sommes fiés à une autre voix, celle de Thierry Wermuth, servie par une musique de Rémi Chaurand et Gilles Relisieux. Bien nous en a pris.

Ce qui nous a frappé d'emblée, c'est la manière dont cette voix s'est mise au service du texte, a donné tout son relief au style de l'auteur. J'avais déjà eu l'occasion d'entendre d'autres livres enregistrés auparavant où la lecture à voix haute en révélait sa pauvreté. Et dans ces cas là, ça ne loupait pas, le petit bouton avec un carré représenté dessus faisait des appels au doigt déjà démangé.

Là, non, Thierry Wermuth sert le récit sur toute sa longueur, donne de la consistance à chacun des protagonistes. De variations infimes en minimes inflexions, les personnages sont aussitôt identifiables, quelles que soient leurs intentions, leurs humeurs, ou même leur sexe. C'est d'ailleurs si subtil que l’effet en est surprenant.

Conséquence directe, nous prenions plaisir à écouter le disque lors de nos déplacements en voiture, exécutant un rapide résumé pour savoir où nous en étions restés la fois précédente. L'histoire lancée, nous n'étions plus dans un habitacle métallique mais tantôt dans une maison hantée, tantôt dans un trou habité par un spectre, ou encore dans la ferme parentale où les souvenirs affluaient irrémédiablement. Oui, on a fait un bon petit bout de chemin avec Tom tout en prenant plaisir à l’accompagner dans son parcours initiatique à nul autre pareil. Parfois, j’avoue même qu’à l’occasion de certaines sorties préméd…(mot impossible à effacer entièrement), j’avais pris un peu d’avance.
Ben quoi, fallait bien que je vous en parle !
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